Au chai

Mercredi 28 décembre 2005

Depuis novembre 2005, le Château Malromé bénéficie des conseils du laboratoire d'oenologie de Michel Rolland (en photo), en la personne d'Athanase Fakorellis, pour la campagne 2005-2006.

 "Thanos" travaille depuis une vingtaine d'année aux côtés de Michel, après une première expérience bourguignonne. Il accompagne des clients de renom tels que les Châteaux Valandraud, Malartic-Lagravière et Lagrezette. Il a participé à la mise en place du chai de Malartic et cette expérience fait de lui un éminent spécialiste pour nous aider à développer un chai gravitaire à Malromé et ainsi limiter le recours aux pompes et aux tuyaux pour préserver au maximum le potentiel aromatique du raisin.

 

    Le choix de consultants aussi exposés médiatiquement est apparu évident, car :

  • - Michel Rolland est l’un des trois ou quatre grands « winemakers » de la place de Bordeaux avec Denis Dubourdieu, Stéphane Deronancourt et Olivier Dauga. Or, il est le seul connu du grand public, parce qu’il est associé depuis trente ans aux grandes réussites du bordelais et qu’il a su sublimer le Merlot (que tout le bordelais semble redécouvrir).
  • - Quand Michel Rolland s’engage dans le suivi d’un domaine (que ce soit directement ou par l’intermédiaire de collaborateurs), il engage sa réputation et sait qu’il ne doit pas décevoir. C’est cette assurance qualité que nous recherchions, pour nous amener vers les sommets.
  • - Un proverbe attribué à Confucius précise « La chèvre broute autour du piquet auquel elle est attachée ».  L’expérience internationale du duo Rolland-Fakorellis (Athanase Fakorellis vinifie en Grèce, Inde et Chine notamment) est précieuse car la vinification est un domaine en perpétuelle évolution, du fait de progrès technologiques et parfois de redécouvertes d’anciennes pratiques. Sans pour autant trahir le terroir et la tradition, il importe donc d’être en veille stratégique permanente, en regardant ce qui se passe dans d’autres vignobles du monde,  pour ne pas nous laisser distancer dans cette course à la qualité (je ne parle même plus de « rattraper ») par nos concurrents, qu’ils viennent d’Amérique, d’Océanie et désormais d’Asie.

 

Par Charles Traonouëz
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Mercredi 28 décembre 2005

A compter du 2 janvier prochain, le château recevra le renfort d'un nouveau maître de chai, en la personne de Christophe Veyssière.

 

Christophe est diplômé d'oenologie de la faculté de Bordeaux II et il dispose également d'un BTS Viticulture-oenologie du Lycée La Tour Blanche. Agé de seulement 23 ans, il a travaillé comme maître de chai au Château la Lauzette , cru bourgeois du Médoc en appellation Listrac, où il a mis en place la traçabilité du chai suite au rachat récent de la propriété. Auparavant, Christophe a eu l'occasion de participer aux vinifications 2004 au Château Clos Fourtet (1er Grand Cru Classé - Saint Emilion) et à la mise en place de la démarche HACCP au Château Trimoulet (Saint-Emilion Grand Cru). Une expérience de vinificateur itinérant pour le laboratoire Littorale Oenologie et un apprentissage ay Château Vieux Fournay (Lussac) complètent sa formation.

 Christophe prendra en charge la gestion du cuvier et du parc de barriques du château (près de 800 barriques), ainsi que le renforcement de la traçabilité des lots depuis les parcelles. Sous la direction d'Athanase Fakorellis il conduira la réorganisation du chai.

 En décembre, nos équipes se sont déjà renforcées avec l'arrivée de David Bosqué (31 ans) comme nouveau chef de culture. David a été séduit par le challenge représenté par Malromé et ses 43 hectares de vignoble. Il dirigeait auparavant sa propre entreprise de prestations de services viticoles.

Par Charles Traonouëz
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Jeudi 18 mai 2006

Mercredi 18 mai. 1ère journée de mise en bouteille pour 90 000 bouteilles, le solde devant être embouteillé courant juillet. Au programme, mise de 7 000 bouteilles de Clairet, 4 800 bouteilles de Côtes de Bordeaux Saint-Macaire moelleux, 24 000 bouteilles de Bordeaux blanc sec et 54 200 bouteilles de Bordeaux Supérieur rouge.

 La mise est réalisée par un prestataire externe spécialisé dans ce type d’intervention (en l’occurrence le Groupe Renfort). L’embouteillage est une intervention cruciale, qui nécessite un rythme soutenu, ainsi qu’une hygiène irréprochable (lavage des bouteilles, adjonction d’un gaz inerte entre le vin et le bouchon pour assurer l’étanchéité). 90 000 bouteilles représentent un peu plus de 68 palettes, qu’il faut stocker sur la propriété tout en perturbant le moins possible la circulation du matériel viticole. D’où des livraisons en flux continu et des pics de stress pour le Maître de chai à chaque demi-journée quand l’épuisement des palettes se conjugue avec retard des semi-remorques censées nous livrer.

 Le Bordeaux supérieur rouge a été filtré sur plaque avant mise. Nous avons limité la fitration afin de ne pas « dépouiller » le vin. Blanc, Clairet et Côtes de Bordeaux Saint-Macaire avaient fait l’objet d’une pré-filtration sur terre et n’ont donc pas été filtrés à la mise. La filtration est destinée à éliminer les particules solides qui sédimentent au fond des bouteilles et qui forment le dépôt qui font le charme des vieux vins mais déplaisent à certains marchés. Or, une filtration trop sévère peut conduire à un appauvrissement du vin, aussi faisons nous le choix d’une filtration légère. Notre objectif est de réduire encore progressivement le recours à cette opération sur les prochains millésimes et éventuellement de proposer des vins non filtrés.

Par Charles Traonouëz
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Lundi 25 septembre 2006

L’absence de mise à jour du blog sur les derniers jours est la conséquence de la préparation et de la conduite des vendanges des Sémillons (Cépage blanc) et des Merlots (Cépage rouge) sur la semaine dernière. Nous ne devrions reprendre les vendanges que vendredi prochain pour les Cabernets francs, ce qui nous laisse quelques jours de répit après une semaine d’une centaine d’heures de travail pour certains (début des vendanges vers 8h, nettoyage du chai jusqu’à minuit, samedi et dimanche travaillés). Ce premier galop pour les vendanges de rouge est marqué par la grande satisfaction d’avoir réussi à obtenir des raisins très murs et colorés en dépit d’une météo capricieuse, grâce à d’intenses travaux d’effeuillage en juin et en août conjugués avec des rendements bas (35 HL/HA sur les 6 hectares de la Côte Adèle ). Les rafles (squelette végétal de la grappe) étaient rouges ou brunes et les baies tombaient toutes seules en heurtant les pieds, ce qui est signe d’une maturité avancée.

 

Pour ces vendanges, nous avons mis en place une vinification en barrique, selon les procédés des tonnelleries Saint-Martin et Baron. Pour ce faire, les raisins ont été entonnés par gravité dans des barriques de 400 et 500 litres, chacune étant pourvue d’une ouverture d’une vingtaine de centimètres sur un fond. Chaque jour à raison de deux fois dans la journée, le maître de chai de Malromé roule les fûts, de manière à leur faire effectuer plusieurs tours sur eux-mêmes pour brasser marc et jus et ainsi réaliser une extraction lente. Ce procédé voit son usage se développer et contribue à accroître le fruit et à fondre les tanins.

Par Charles Traonouëz
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Jeudi 12 octobre 2006

Fin des fermentations alcooliques pour l’ensemble de nos lots. A ce stade, on dit que les vins sont « secs », c'est-à-dire qu’il ne subsiste plus de sucre susceptible d’être transformé en alcool.

Durant deux semaines, les vins ont subi pigeages, remontages, délestages à différentes phases de leur fermentation. En début de fermentation, un délestage quotidien (on vide intégralement la cuve de son jus que l’on reverse 6 heures après sur le marc qui se sera émietté entre temps) et trois remontages ont été effectués pour conférer couleur et structure aux vins. En milieu de fermentation, nous avons cessé les extractions trop violentes qui pourraient apporter des tannées grossiers, et donc nous nous sommes concentrés sur seulement deux petits remontages quotidiens. Nous avons progressivement relevé la température des cuves (de 26 à 35 °) et les vins devraient ainsi prendre du gras pour cette dernière semaine de contact avec le marc.

En fin de semaine prochaine nous procèderons à l’écoulage des jus de goutte et au décuvage du marc pour qu’il soit ensuite pressé. Jus de goutte et jus de presse vieilliront séparément en fût de chêne pour être assemblés dans le premier ou dans le second vin selon leur qualité, au terme d’un an d’élevage en barrique.

 

Nous attendons maintenant les fermentations malolactiques, qui verront l’acide malique transformé en acide lactique. Cette opération contribue à faire perdre de leur acidité aux vins.

 

Pour patienter et récompenser toutes les personnes qui nous ont aidé pour cette récolte 2006, sera organisée demain soir la « Gerbebaude », dite aussi « Gerbaude » ou « Pampaillet » (région de Saint-Macaire) ou encore « Peulée » (en Bourgogne) et qui n’est autre que le traditionnel repas de fin de vendanges.

Par Charles Traonouëz
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Mercredi 18 octobre 2006

Nous avons lancé depuis lundi les décuvages. Contrairement à une idée reçue le raisin n’est pas pressé directement dès la vendange, sauf pour certains rosés et les blancs. Ce n’est en effet qu’au terme des fermentations alcooliques et de macérations en cuves, que les jus sont écoulés, le marc sorti de la cuve et pressé. L'ordre de décuvage est déterminé par dégustation, car il convient d'arrêter les macérations avant que les vins ne "durcissent". Jusqu’alors le domaine avait recours à un pressoir pneumatique (encore en usage sur nos blancs), mais nous disposons depuis cette année d’un pressoir vertical permettant une meilleure séparation des têtes et queues de pressée. Christophe, notre maître de chai, n’est pas dépaysé car il a eu l’occasion de se servir de ce matériel lors de son stage à Clos Fourtet. 

 Jus de goutte, tête, queue et corps de presse sont descendus séparément en barrique pour y réaliser leurs fermentations malolactiques et vieillir séparément.

Je vais délaisser ce blog pour une dizaine de jours du fait de la présence du château au SIAL (Salon International de l’Agro-alimentaire) qui se déroulera à compter de dimanche à Villepinte. J’occuperai mes soirées en animant de multiples dégustations, auprès d’anciens collègues du cabinet Deloitte (vendredi 20), auprès du club d’œnologie de l’ESCP-EAP (mercredi 25), et au sein de l’entreprise Carré & Co (lundi 23).

Par Charles Traonouëz
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Vendredi 8 décembre 2006

Mercredi dernier, dégustation intégrale sous la houlette d’Athanase Fakorellis et de Christophe Veyssière de tous les lots de rouge présents dans nos chais, soit quelques 46 échantillons, pour réaliser les pré-assemblages des 2005 et suivre l’évolution des 2006. Pour le millésime 2005, chaque échantillon correspond à un cépage / une position parcellaire / un tonnelier. Attendu que nous avons eu recours aux services de 9 tonneliers pour ce millésime, vous comprendrez que le nombre de lots s’élève à 28 pour 2005.

 

 

Chaque échantillon est alors soumis à examen visuel, olfactif et gustatif, pour simplement se voir attribuer une note sous forme de lettre « A », « B », « C », « D » ou « E ». Humé, ventilé, re-humé, mastiqué, malaxé, recraché, tel est la dure existence d’un échantillon.

 

Nous partîmes 28 lots, et par une prompte sélection, nous nous vîmes 5 en remontant du chai. Le lot A correspond à nos 57 meilleures barriques sur 290, dont 32 barriques neuves et 25 barriques d’un vin. Ce lot pourrait n’être assemblé avec aucun autre, car il constitue une vitrine du Château de quelques 17 000 bouteilles capable de rivaliser à l’aveugle avec les meilleurs crus médocains ou libournais.

Les blancs et rosés 2006 seront dégustés en janvier. Evolution notable concernant les blancs, en dépit de la grande qualité de nos précédentes cuvées, nous n'assembleront plus nos lots en un seul vin afin de préserver la typicité de chaque lot. A l'avenir, deux cuvées seront proposées, l'une en Bordeaux blanc sec et l'autre (notre fleuron) en Côtes de Bordeaux Saint-Macaire ; petite appellation (une trentaine de producteur en sec et moelleux) mais grands terroirs pour les vins blancs et assurance qualité pour notre clientèle grâce aux soins attentifs de vignerons tels que Thierry Bos (Domaine de Bouillerot), Jacques-Charles de Musset (Château Fayard), Mathieu Delong (Château Majoureau)...

Par Charles Traonouëz
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Mercredi 19 septembre 2007
portraitcharles2-039.jpg La fin des vendanges des blancs est prévue pour la semaine prochaine. Pour les rouges, l’excellente météorologie de ce mois de septembre nous permet d’envisager un début de récolte vers la fin de semaine, prochaine pour les parcelles les plus précoces. Ce délai nous permet de peaufiner la préparation de notre cuvier, où Remy Ramillon (en photo) œuvre pour la réalisation de plateaux de travail au dessus des cuves destinés à permettre la circulation de cuvons de transport de vendanges et le déplacement du personnel en toute sécurité.

Rémy a des doigts de fée pour tout travail manuel. Capable de souder le fer comme l’inox, spécialiste de l’hydraulique, il est à la fois le forgeron et le mécanicien de la propriété, bref notre "Michel Morin" d'après une expression bordelaise traditionnelle. Il est également maçon ou peintre à ses heures et plombier parfois. Je m’interroge souvent pour savoir si son travail n’est pas celui d’un artiste, tant il faut d’intelligence et d’inspiration pour transformer des barres de fer en portail  ou redonner vie à un moteur antique. Quelle somme de connaissances faut-il avoir pour maîtriser parfaitement l’hydraulique de chaque véhicule créé par l’homme ?

Avoir un forgeron à la propriété est un luxe. Mais comme je le dis souvent, verrait-on un pilote de formule 1 descendre de sa machine pour changer la roue ? Il en va de même pour Malromé, engagé dans cette grande compétition pour produire l’un des meilleurs rapports qualité-prix de Bordeaux. Quand un tractoriste est en panne, il abandonne son matériel aux soins attentifs de Rémy et peut repartir travailler à la vigne. Aujourd’hui, nous sommes complètement autonomes pour la révision et la maintenance de l’ensemble de notre parc de matériel viticole ou de vinification.

 

 

Par Charles Traonouëz
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Mercredi 3 octobre 2007
portraitcharles2-052.jpg





Ca y est, nous vendangeons les rouges, et ce depuis lundi. A ce jour, nous avons déjà rentré nos cabernets francs et la moitié de nos merlots. La vendange s’annonce superbe, et ce pour au moins deux raisons :

parce que nos efforts à la vigne (travaux en verts, augmentation de la surface foliaire, travaux de sol…) commencent à payer ;

parce que nous sommes à ce jour équipé de l’un des plus belles réceptions de vendanges de tout le bordelais.

 Concernant le dernier point, on peut penser que mes propos sont dénués de sens critique ou plein de mauvaise foi. Pourtant, nous sommes l’une des rares propriété girondines à réceptionner en douceur notre vendange pour encuvage, et ce sans recourir aux traditionnelles « pompes à marc » et tuyaux qui détériorent le raisin. En effet, après récolte, nos raisins sont recueillis en douceur par un conquet vibrant et acheminés en cuves par cuvons de transport se vidant par gravité.

 Enfin et surtout, pour ces vendanges 2007, entre le conquet et les cuvons, nous disposons d’un système de tri unique en gironde : le tribaie (moins de 25 tribaie actuellement implantés dans le bordelais). Le tribaie élimine non seulement les matières végétales (rafles, feuilles…) à l’instar des autres systèmes de tri, mais il va beaucoup plus loin également en sélectionnant chaque grain selon sa maturité, en éliminant les raisins insuffisamment murs, éclatés ou pourris. J’invite tous les lecteurs qui douterait de ces propos à se rendre à la propriété pour constater l’exceptionnel résultat, fruit de nos efforts et des dernières technologies au service du respect du raisin.

 En photos, vous pouvez découvrir cette « machine infernale » à l’oeuvre

Par Charles Traonouëz
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Jeudi 4 octobre 2007

Je parcours quotidiennement avec délectation le blog d’Hervé Bizeul. Dans la chronique de ce jour, Hervé s’étonne de ne relever dans les blogs de ces confrères vignerons que des propos d’une étonnante sérénité qui contraste singulièrement avec sa propre expérience au Clos des Fées. Visait-il ce blog en particulier ?

Quoi qu’il en soit, et malgré que la mise en route du « Tribaie » et que la qualité de notre vendange m’aient rempli d’allégresse, je dois vous faire découvrir une autre facette des vendanges, assez éloignée de toute dimension bucolique.

Et oui, comme l’exprime Hervé, les vendanges c’est un mélange d’ambiances oscillant entre « vestiaire du stade de France en pleine coupe du monde » et « jour le plus long ». Les vendanges c’est finalement une gigantesque bataille dans cette grande guerre du vin.

On a beau échafauder des plans, réviser le matériel avant le jour « J », il y aura toujours cette somme d’aléas qui fera que cette belle organisation théorique manque à tout instant de dégénérer en capharnaüm voire en drame. Rien que sur ces deux derniers jours, nous avons subi d’innombrables pannes affectant tour à tour chaque élément du matériel ; neuf de préférence (le conquet vibrant qui refuse subitement de vibrer, le tribaie qui ne trie plus, le tapis élévateur qui ne répond à aucune injonction…).

Il faut également gérer les susceptibilités et le stress de chacun : maître de chai excédé par la maladresse ou la lenteur de certains, conducteur de la machine qui trouve que la réception de vendanges traîne, équipes de maintenance débordées…

Il faut maîtriser l’ensemble des flux, depuis le flot de vendange qui doit être triée le plus rapidement possible pour éviter tout échauffement ou oxydation jusqu’au produits œnologiques qu’il faut commander en quantité suffisante pour éviter toute rupture mais sans générer le moindre reliquat.

Face à l’imprévu, aux dégradations climatiques subites, il faut savoir prendre des décisions cruciales en un temps record, abandonnant l’échelon stratégique pour celui de la tactique. Comme une équipe de rugby, il faut savoir s’appuyer les uns sur les autres et se faire pleinement confiance.

Ajoutons qu’un chai en pleines vendanges c’est 6 ou 7 personnes qui s’activent dans tous les sens, un balai de chariot élévateur et de cuvons, des tuyaux qui traversent le chai dans tous les sens empêchant la circulation dudit chariot élévateur, des fils électriques étendus également partout, des prises électriques en quantité insuffisante pour permettre le raccordement de tous les appareils obligeant à tendre de nouveaux fils électriques depuis l’autre extrémité du cuvier, au moins un vendeur de produits phytosanitaires qui débarque pour parler de la pluie et du beau temps, des passerelles en cours d’achèvement.

Comble de la détresse, j’ai souvenir d’avoir balayé, l’année dernière, 300 mètres d’une route départementale couverte de raisins, après que le système hydraulique d’un tracteur de prêt ait déclenché l’ouverture impromptue d’une benne ramenant la vendange au chai.

C’est cela aussi les vendanges, ces souvenirs qui marquent pour nous chaque récolte et donnent une saveur particulière à chacun de nos millésimes.

Par Charles Traonouëz
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