Mercredi 28 décembre 2005
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De novembre à mars nos équipes travaillent à la taille et à son corollaire, la tombée des bois.
David, Frédéric et Kévin assistés de 4 tailleurs occasionnels coupent les sarments sur près de 43 hectares. La taille est en guyot double quand le pied le permet, mais certains pieds de vignes ayant été trop sollicités sur les années précédentes ne peuvent supporter les rendements ordinaires, par conséquent nous recourons pour ceux-là à une taille guyot simple avec une aste (baguette) de seulement 4 bourgeons, 1 cot et un retour (qui donnera l’aste de l’année prochaine).
Nous visons des rendements modérés afin d’obtenir des vins concentrés que des vignes à faible densité ne peuvent sinon pas produire, d’où un faible nombre de bourgeons laissés sur les pieds, chacun d’eux devant produire deux grappes. Pour assurer cette régulation, nous pratiquons l’ébourgeonnage, qui consiste à sectionner les bourgeons situés sous le sarment et ceux trop rapprochés qui pourraient générer un entassement des grappes.
Une équipe de 5 personnes suit les tailleurs pour « descendre les bois » en retirant du palissage les bois sectionnés. Les sarments sont placés au milieu du rang pour être broyés et ainsi fournir un premier engrais naturel à la vigne. Cette tache est par tradition confiée à des femmes, car réputée moins difficile que la taille. Ce travail me semble au contraire plus pénible, puisque la taille bénéficie de la généralisation des sécateurs électriques.
Les conditions climatiques de ce mois de décembre sont difficiles, avec des températures voisines de « 0 ». Pour autant, nos tailleurs ont gardé un rythme soutenu d’environ 1000 pieds / jour, toujours talonnés par les tireurs de bois. A ce jour, près d’une trentaine d’hectares ont déjà été taillés.
Parallélement à la taille, nous réalisons un apport d'engrais organique (fumier, marc...) et minéral. La taille achevée, nous réaliserons les complantations (remplacement des pieds manquants), le pliage à plat (attachage de l'aste au fil) et le séquaillage (remplacement des piquets de maintien tombés ou fragilisés)
Par Charles Traonouëz
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Mardi 24 janvier 2006
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Vendredi 20 janvier : travail en matinée avec les conseillers en viticulture de
la Chambre d’Agriculture. Nous avions déjà fait procéder à des analyses de sols en octobre afin de pouvoir apporter les amendements organiques nécessaires à notre vigne (essentiellement du fumier).
Cette fois, il s’agit de procéder à des analyses du sous-sol des parcelles qui nécessitent une replantation. Ce diagnostic préalable de
la Chambre d’Agriculture a pour objectif de valider nos choix d’encépagement et les porte-greffes utilisés. Nous avons fait procéder à l’ouverture de trois fosses d’une profondeur de 2 mètres pour analyser les différentes strates sur les parcelles dénommées « Malromé, « Lavandière » et « Roy ». Ces fosses ont mis en évidence une large palette de terroirs constitués de sols d’argile rouge, de marne calcaire et de grave. Sur les sols argilo-calcaire nous replanterons du Merlot, les sols de graves pourront accueillir du Cabernet-franc.
Par Charles Traonouëz
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Vendredi 31 mars 2006
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Jeudi 30 mars, tour des vignes avec Guillaume Quéron. Le débourrement a commencé comme le montre la photo jointe. Il s'agit du premier stade du cycle végétatif caractérisé par l'éclatement des bourgeons.
A cette période, nous avons achevé la taille, fini le pliage (attachage de l'aste au fil de palissage), terminé le séquaillage (remplacement des piquets). Les complantations (remplacement des pieds manquants) ont débuté cette semaine et déjà le temps nous manque presque pour labourer les sols un rang sur deux et désherber sous le rang, car dans moins d'un mois il nous faudra épamprer (suppression des pousses non fructifères).
Par Charles Traonouëz
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Jeudi 6 avril 2006
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Photo prise le 5 avril à 13 h.
Vous pouvez apprécier l’évolution du débourrement par rapport à la photo prise dans la même parcelle le 30 mars dernier. Les feuilles de teinte blanche aux rebords roses sont nettement identifiables. Dans quelques semaines, de véritables rameaux seront formés qu’il faudra relever.
Par Charles Traonouëz
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Jeudi 20 avril 2006
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22:44
Photographie prise le 19 avril dernier. Les grappes sont désormais bien distinctes. Le réchauffement de cette semaine a favorisé le développement de la végétation. Avec une semaine d’avance sur le planning, nous devrions entamer l’ébourgeonnage mardi prochain pour évoluer prochainement en épamprage. L’ébourgeonnage consiste à supprimer les bourgeons surnuméraires oubliés à la taille et ceux apparus depuis sur le pied (les « pampres ») qui ne présentent pas d’ intérêt pour améliorer la forme du pied. Sur certaines parcelles très affaiblies, nous sommes contraints de ne laisser que 6 bourgeons par pied (2 sur un cot et 4 sur une aste pliée à plat), chaque bourgeon devant donner deux grappes soit une charge présumée de 1,8 kg par pied ou encore un rendement de 30 HL par hectare. Sur nos parcelles les plus vigoureuses, un rendement de 45 HL par hectare est souhaité.
Par Charles Traonouëz
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Mardi 2 mai 2006
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23:29
L’ébourgeonnage et l’épamprage n’ont finalement commencé qu’aujourd’hui, nos saisonniers n’ayant pu être disponibles qu’en ce début de semaine.
Ces opérations sont sans doute parmi les plus délicates à réaliser sur un pied de vigne. Elles consistent à supprimer les bourgeons et les futurs bois excédentaires, afin de limiter le rendement au strict potentiel du pied et ainsi permettre l’espacement des grappes pour faciliter leur mûrissement. Ces façons sont cruciales car elles conditionnent la qualité de la vendange (un bourgeon en excédent aboutissant à une baisse de qualité pour les grappes du pied), le rendement (comme nous pratiquons des rendements bas, parfois de l’ordre de 30 hectolitres à l’hectares, chaque bourgeon compte) et la taille de l’an prochain afin de maintenir la forme du pied. D’où le soin important que nous attachons à la formation et à la fidélisation de nos épampreurs. La particularité de la méthode mise en place cette année sur Malromé est qu’elle vise à supprimer les « vendanges vertes », alors que la généralisation de ce type d’intervention a permis un accroissement de la qualité de nombreux crus. Nous estimons pourtant que les vendanges vertes ne sont que la correction tardive d’un rendement excessif et qu’elles s’assimilent à un avortement aboutissant à un dérèglement du vignoble. Ces pourquoi, entre la taille et l’épamprage nous ne retenons que les raisins que nous souhaitons amener à terme.
La météo semble être belle jusqu’en fin de semaine. Nous avons craint que les récentes pluies de fin de semaine dernière ne nous laissent pas le temps de protéger le vignoble contre les attaques possibles de Mildiou (maladie de la vigne et de la pomme de terre, causée par des parasites microscopiques et qui se manifeste par des taches brunes suivies d'un flétrissement général). La motivation de nos équipes et la mise en place de relais entre nos chauffeurs ont permis à nos tracteurs de tourner en deux huit, nous assurant ainsi la couverture de nos 40 hectares en moins de deux journées.
Par Charles Traonouëz
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Lundi 29 mai 2006
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Le premier épamprage est en passe de s’achever et, dans le même temps, nous avons lancé le relevage. Le relevage consiste à enserrer le feuillage entre deux fils afin d’éviter qu’il ne pousse de manière désordonnée.
Des fleurs commencent à apparaître sur la vigne, ce qui signifie pour nous l’interruption des travaux de sol et le lancement prochain d’un effeuillage côté levant pour habituer les grappes au soleil.
Par Charles Traonouëz
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Mardi 30 mai 2006
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14:10
Photographie prise ce matin dans les parcelles de vigne situées au-dessus de Saint-Macaire, illustrant la floraison (apparition de fleurs sur les grappes). Cette étape est cruciale, car si les conditions sont défavorables, les fleurs ne peuvent pas être fécondées (coulure) entraînant ainsi un diminution parfois importante de la production. Certains cépages sont plus sensibles que d’autres à ce phénomène, notamment le Malbec. La mi-floraison est importante car elle permet de déterminer en théorie la date des vendanges.
Par Charles Traonouëz
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Vendredi 16 juin 2006
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11:59
La restructuration du vignoble engagée dès le changement de direction commence à prendre forme. Nous avions procédé à l’arrachage de près de trois hectares de cabernet sauvignon. Après une intense préparation du sol (arrachage des anciens pieds, puis défonçage à la charrue, et enfin passage des disques, des griffes et d’une herse rotative), nous procédons aux replantations.
Les plants proviennent de la pépinière Amblevert, fournisseur de Malartic-Lagravière et d’autres crus classés. Les travaux de replantation ont été confiés à l’entreprise Lacoste située à Saint-Brice qui nous a été recommandée pour la qualité des travaux réalisés également à Malartic-Lagravière. Pour ce faire, l’entreprise Lacoste utilise une machine qui réalise un travail irréprochable et en un temps record (près de 14 000 pieds plantés en moins de trois jours).
Concrètement, la machine réalise un sillon où sont positionnés les pieds. Tous les 90 centimètres, une masse s’abat sur le marquant (tuteur) qu’un ouvrier a placé sur la machine et 4 litres d’eau sont déversés pour arroser le plant. L’ouvrier situé à droite de la machine place alors le pied contre le marquant et le sol se referme ensuite après passage de la machine.
La distance entre rang est de 1,80 m et la distance entre chaque pied de seulement 0,90 mètres, ce qui nous assure une densité de l’ordre de 6172 pieds par hectare à comparer aux 3 000 pieds présents sur les parcelles concernées antérieurement. En accroissant la densité de plantation, nous pouvons diviser par deux la charge par pied pour un rendement global équivalent et ainsi améliorer considérablement la qualité (attendu que plus la charge de raisin par pied est faible, plus la qualité est importante). Le cépage planté est du Merlot. Les porte-greffes utilisés sont parmi les moins productifs et donc parmi les plus qualitatifs : Riparia gloire et 101-14.
Par Charles Traonouëz
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Mardi 20 juin 2006
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Lundi 19 juin
Echardage sur la Côte Adèle, afin de fournir une aération dans le feuillage et ainsi prévenir la pourriture tout en favorisant la maturité des raisins. Petite nouveauté introduite par Fakorellis qui a déjà mis en place ce système au Château Lagrezette pour la cuvée « le pigeonnier », nous allons supprimer les « ailes » de certaines grappes sur cette parcelle hautement qualitative. Les ailes peuvent être perçues comme des mini-grappes qui se forment à l’extrémité d’une grappe principale et qui sont affectées par une maturité moindre, d’où l’intérêt de leur suppression pour la réalisation d’une cuvée de qualité « grand cru ».
Par Charles Traonouëz
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