Pérégrinations bordelaises

Mardi 7 août 2007

Pour ces pérégrinations, comme je vous l’avais précisé hier, j’ai choisi de m’intéresser en premier lieu aux Côtes de Bordeaux Saint-Macaire.

Pourquoi les Côtes de Bordeaux Saint-Macaire ? Nonobstant le fait que certains vins produits par le Château Malromé revendiquent l’appellation Saint-Macaire, nous dirons en premier lieu que cette AOC mérite de bénéficier d’un coup de projecteur car il s’agit d’une quasi inconnue parmi les quelques 57 appellations que compte Bordeaux. Seules les AOC Cérons, Sainte Foy Bordeaux ou Graves de Vayre peuvent revendiquer autant de confidentialité.

Pour autant, situé à proximité des grands blancs d’or de Bordeaux que sont Sauternes, Barsac, Loupiac et Sainte-Croix-du-Mont, Saint-Macaire est un terroir réputé depuis de nombreux siècles, les vins issus des coteaux surplombant l’ancienne bastide anglaise ayant historiquement meilleure réputation que les vins de Palus auprès de la clientèle bordelaise. Comme ses prestigieux voisins, Saint-Macaire est une terre historique de vins « doux ».

Bien que l’encépagement majoritaire sur les coteaux soit désormais en rouge, certains producteurs poursuivent cette tradition véritablement par passion plutôt que par volonté d’ajouter une couleur à leur gamme. C’est pourquoi on trouve sur Saint-Macaire d’excellentes micro-cuvées issues de raisins botrytisés capables parfois de faire ombrage à certains de leurs voisins et proposées des prix très mesurés.

Ma première visite m’a conduit à quelques kilomètres de Malromé, sur la commune voisine de Caudrot. Ce village est à lui seul un gage de qualité, car les viticulteurs y sont peu nombreux mais tous les vins qui y sont produits sont de bonne réputation notamment s’ils sont signés Crampes, Baudet ou Delong. Au Château Majoureau, Mathieu Delong y signe l’une des plus belles cuvées de liquoreux en appellation Côtes de Bordeaux Saint-Macaire.

Mathieu a fait ses études au Lycée Viticole de La Tour Blanche , lequel vignoble-école est également un premier cru classé en appellation Sauternes. Diplôme en poche, il remet en service l’ancien chai de son arrière-grand-père et il y réalise 3 premières barriques d’une cuvée baptisée «  La Petite Dorée  » après avoir été en formation chez l’exigeant Thierry Bos, chez qui je me rendrai prochainement pour déguster sa cuvée Palais d’Or réalisée avec pas moins de 6 tris successifs en 2006.

6 vendanges plus tard, Mathieu n’ayant pas produit de « Petite Dorée » en 2000 pour cause d’expatriation dans le domaine Flora Springs situé en Napa Valley., la petite Dorée c’est actuellement une production de près de 2 000 bouteilles avec des rendements de l’ordre de 7 à 15 hectolitres à l’hectare selon les millésimes (avec une densité de plantation de 5 000 pieds par hectare). Les vieilles vignes basses de Sémillon et de Muscadelle, âgées de plus de soixante ans et situées sur argilo-calcaires, permettent d’obtenir un niveau de concentration séduisant. Pour autant avec ses 110 grammes de sucre résiduel, Mathieu préfère jouer sur la digestibilité en limitant à 13 ° le volume d’alcool. Cette cuvée a été élevée en fûts pendant près de 18 mois, ce qui lui confère une légère rémanence toastée.

Si l’on compare la Petite Dorée 2005 au Malromé 2005, qui sont tous deux de très beaux vins, je dirais que Malromé est plus massif, plus axé sur le gras et les notes miellées. A l’opposé, la Petite Dorée est plus aérienne et fruitée.

Parlons prix maintenant, car ce petit plaisir est des plus accessibles. En effet, le vin est proposé en bouteille de 50 cl avec un prix de l’ordre de 8 €.

Mathieu produit également des vins rouges, dont sa cuvée Hyppos en Bordeaux Supérieur issue des deux plus vieilles parcelles de Merlot et de Cabernet Franc de la propriété. Le vin effectue un séjour en fûts de près de 10 mois. Un vin gourmand qui ne coûte que 6,30 €. A noter le bouchage particulier des meilleures cuvées de Mathieu qui font appel à la technique du bouchon Guala Seal, sur lequel j’ai déjà eu l’occasion de m’étendre (voir chronique du 6 septembre 2006). Enfin, il ne faut pas repartir de chez Mathieu sans avoir acheté quelques bouteilles de son jus de raisin issu de saignées de Cabernet-Sauvignon. Un vrai jus de raisin, sans conservateur ni additif. Pour le plaisir des petits et des grands, et cette fois sans modération.

Par Charles Traonouëz
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Lundi 5 novembre 2007

Athanase Fakorellis me fait penser à un peintre, car avec lui l’assemblage de nos cuvées se révèle véritablement comme un art. Son physique et son amour des beaux vêtements (notamment des bottes et des chapeaux) auraient peut-être pu lui valoir une belle carrière de tragédien. Chaque dégustation qu’il anime me réjouit, car j’en apprécie la mise en scène tout autant que le dénouement.

Voila qu’il se révèle poète et qu’il nous convie à une exposition où quatre artistes ont choisi d’exprimer les «Moments volés au temps ».  Je profite  donc de l’occasion pour relayer cette information. Ladite exposition se tiendra dans le quartier historique du vin à Bordeaux, dans la Hall des Chartrons, du 14 au 21 novembre 2007. L’entrée y est libre et l’accès y est possible, chaque jour, de 11h30 à 20h.

Les artistes présents aux côtés de « Thanos » sont les peintres Alba et Tarrats, ainsi que le sculpteur Guirado.

Il est intéressant de noter que les textes de notre oenologue sont d’inspiration japonaise, alors que Toulouse-Lautrec, le plus célèbre occupant du Château Malromé, était lui-même fasciné par le Japon. En effet, le peintre s’est inspiré des maîtres japonais du Ukiyo-E, notamment pour leur emploi des couleurs et pour le rythme de leurs compositions. De plus, certaines de ses œuvres sont signées d’un sceau où sont fusionnées les lettres HTL, évoquant ainsi un monogramme japonais. Enfin, au château, une photo célèbre humoristique d’Henri le montre vêtu d’un costume traditionnel japonais.

Par Charles Traonouëz
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Mardi 6 novembre 2007

bandeau-apero-bordeaux.jpg Alors que les médias hexagonaux se doivent aujourd’hui d’entretenir une chronique quotidienne de la libéralisation prochaine du marché des jeux en ligne, le syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieurs vous propose un petit jeu gratuit et d’une extrême simplicité pour faire la promotion des vins rouges, rosés et blancs de notre vignoble.

Cette opération s’appelle Apéro-Bordeaux. EIle est à la fois un jeu et un sondage, et elle se déroulera jusqu’au 15 juin prochain sur le site www.apero-bordeaux.fr. Toutes les personnes majeures peuvent laisser leurs coordonnées et espérer devenir l’un des panélistes sélectionnés chaque mois par l’Agence Fleurie. Les personnes sélectionnées recevront un kit de dégustation à domicile, constitué de trois bouteilles d’une même couleur, avec pour tâche d’organiser sous quinzaine une dégustation entre amis des trois vins sélectionnés et de retourner à l’organisateur les commentaires de dégustation, ainsi que le classement final.

Par Charles Traonouëz
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Vendredi 7 décembre 2007

Chez Grég « Le Grand Théâtre », une adresse dont on parle à Bordeaux depuis son installation en 2006 en face de l’Opéra (29 Rue Esprit des Lois). Néo brasserie design et zen située à un emplacement unique, entre le Grand Théâtre et les Allées de Tourny. Côté décoration : mur végétal sur la terrasse, bouteilles de vin exposées sur des murs habillés d’inox, mobilier blanc ou en acier, grands écrans plasma, rideaux mélant plastique et cuillères en métal. Côté table, les pièces de bœuf sont cuites dans la cheminée et, parmi les spécialités, la carte propose notamment un hachis Parmentier au foie gras ou les huîtres chaudes à la Greg.

Côté Cave, les vins sont exposés dans une bibliothèque de verre et d’inox. La relation entre les producteurs et l’établissement est organisée sous forme d’un club. Concrètement certaines semaines sont dédiées à une cuvée spécifique vendue à prix préférentiel par la maison. Au cours de cette semaine, une dégustation gratuite des vins est assurée par le producteur. Tout ceci pour vous dire, et je pense qu’à la lecture des précédentes lignes le suspens est déjà éventé, que les vins du Château Malromé font leur entrée chez Grég.

Seront donc désormais à la carte notre bordeaux blanc sec 2005, notre château Malromé 2005 et notre cuvée Comtesse Adèle 2005. A noter que la semaine dédiée aux vins de Malromé devrait se tenir fin janvier, sous réserve.

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Par Charles Traonouëz
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Mardi 15 avril 2008

Dans à peine un mois auront lieu les 3ème Journées Portes Ouvertes de l’appellation Côtes de Bordeaux Saint-Macaire, soit les 17 et 18 mai prochains.

Comme lors des précédentes éditions, le hasard (heureux) du calendrier fait que cette manifestation est couplée avec la Nuit des Musées à laquelle nous sommes associés avec le domaine de Malagar, demeure historique de l’écrivain François Mauriac. Voila donc deux agréables occasions pour programmer un séjour ou une escapade sur les côteaux de Garonne.

Pour animer nos journées portes ouvertes, nous avons choisi de mettre à l’honneur des artistes, comme ce fût le cas lors des précédentes éditions avec les gravures à l’eau forte du peintre girondin Bertrand Gaultier. Pour cette année, l’exposition temporaire sera dédiée aux photographes de la vigne et du vin.

Journées portes ouvertes – Château de Malromé

Samedi 17 mai de 19h à minuit (dans le cadre de la nuit des Musées)
Samedi 18 mai de 10h à 19 h (Portes ouvertes de l’appellation Côtes de Bordeaux St Macaire)


Château de Malromé 33490 Saint-André du Bois
40 mn depuis Bordeaux, autoroute A62, sortie n°3 (Langon), direction Sauveterre de Guyenne via Saint-Macaire

Pour dîner et découvrir nos vins à cette occasion :

Carte Gastronomique
  • Claude Darroze à Langon (étoilé Michelin)

Cadre traditionnel et spécialités régionales
  • L’abricotier à Saint-Macaire (agréable jardin)
  • Le Pampaillet à Saint-Macaire (cadre médiéval)
  • Chez Cyril à Langon (spécialité de bœuf de bazas)

Par Charles Traonouëz
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Jeudi 24 avril 2008
«Plus une femme est amoureuse, plus elle aime le vin» c’est l’une des informations majeures d’une étude très sérieuse conduite par le CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) pour le compte de Viniflhor, à paraître en mai prochain.

Le vin est devenu une affaire de femmes (amoureuses ou pas), puisqu’elles réalisent 78 % des achats de vins en grandes surfaces ; enseignes qui commercialisent pas moins des trois quarts du vin consommé à domicile dans l’hexagone.

C’est donc la vigne et le vin vu par l’objectif d’une jeune photographe qui sera notre fil conducteur pour nos journées portes ouvertes des 17 et 18 mai prochain.

Anaka est une jeune et récente bordelaise qui malgré ses 32 ans dispose de près de 15 années d’expérience dans la photographie, dont 8 comme photographe de presse pour des médias comme Marie-Claire Maison, Elle, Rolling Stone.
Anaka est devenu la spécialiste des clichés pour les plus grands domaines viticoles et ses tirages sont connus de tous les viticulteurs girondins puisque ce sont ses créations photographiques qui illustrent la nouvelle maquette de l’union Girondine, journal de l’interprofession.

D’autres photographes, amateurs ou professionnels nous ferons l’honneur d’exposer également leurs œuvres.

Florent Mazzoleni est un jeune écrivain et journaliste bordelais. Auteur prolifique de nombreux ouvrages dédiés au monde de la musique, dont une récente biographie de Pavarotti, il est également un spécialiste des arts africains. Florent photographie par hasard autant que par passion et expose également jusqu’au 30 avril sa série Tezeta, dédié à ses pérégrinations du Brésil au Sri Lanka, au 45 cours du Médoc dans le cadre de l’exposition « Itinéraires des photographes Voyageurs ».

Bernard Mugica est photographe pour le journal Sud-Ouest, au sein duquel il intervient en temps que spécialiste de la photographie sportive avec comme thèmes de prédilection le cyclisme et la tauromachie. Installé dans la région viticole des Graves, sur la commune de Mazères où il est également élu local, Bernard a eu l’occasion de réaliser plusieurs clichés du Château de Malromé, ainsi que des vues aériennes de vignobles du sud girondin.

Enfin, j’aurai le plaisir d’exposer quelques photographies personnelles, illustrant mes trois années au Château de Malromé.
Par Charles Traonouëz
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Dimanche 26 avril 2009
Je m’interroge parfois pour savoir si je dois ou non regretter mon ancien mode de vie parisien. Paris est une ville magnifique, une ville musée mais surtout une ville vivante. On dit des parisiens qu’ils courent en permanence, or c’est justement cette effervescence productive que j’apprécie. C’est bien simple, si on devait me punir on ne pourrait trouver mieux que de m’envoyer 15 jours à paresser sur une île avec ses palmiers de carte postale.

 J’aime déambuler dans les rues de Paris où se mêlent touristes et cadres cravatés savourant un café en terrasse avant un briefing stratégique, atmosphère qui me rappelle mes six années passées chez Deloitte et Pricewaterhousecoopers Corporate Finance. Pour autant, les amis parisiens dont je suis resté proche ne profitent pas eux-même véritablement de la capitale car, en dépit de leurs confortables salaires, la vie familiale et le besoin d’espace vital les poussent à s’éloigner en lointaine Banlieue.

C’est pourquoi je me dis que j’ai beaucoup de chance d’habiter Bordeaux, qui outre son prochain statut de champion de France de football (séquence pronostic), est une ville à l’architecture magnifique, une ville dotée d’un tramway véritablement efficace qui permet de déplacer dans toute la ville et les communes périphériques, une ville proche des plages, une porte sur la pays basque et l’Espagne.
Par son dynamisme et ses façades de style Grabriel, Bordeaux est un mini-Paris. Par son ouverture à la mer, son dynamisme artistique, ses pôles d’excellence dans la chimie et l’aéronautique, Bordeaux est à mon sens le Los Angeles français.

Mais il suffit de quelques minutes pour quitter Bordeaux et découvrir des paysages vallonnés et verdoyants où naturellement la vigne occupe une bonne place. Il y a quelques jours je devais me rendre de Malromé à Libourne pour remettre des documents à notre expert-comptable, Emmanuel Querre. J’optai pour la route passant par les communes de Saint-Germain de Graves et Branne.

Ce qui frappa mon esprit ce sont les odeurs. En fait, la différence majeure entre le monde urbain et la campagne ce sont les odeurs. En ville, les odeurs sont souvent des agressions olfactives liées à des déjections de canidés ou des effluves de pots d’échappement. Du coup, notre nez et notre cerveau se ferment, se désensibilisent, limitent leur réceptivité.

Or vendredi, dans l’Entre-deux-mers, ce qui m’a frappé tout en roulant fenêtre ouverte c’est qu’il m’était possible de deviner les activités humaines alentours sans les voir, rien qu’en me servant d’un sonar nasal.
Ainsi telle odeur d’argile me laissait suggérer qu’une charrue était en train d’ouvrir les sols dans une parcelle voisine de la route, telle odeur d’herbe fraîchement coupée révélait une tonte proche, telle odeur évoquait qu’un riverain avait récemment traité ses vignes. Il en va parfois de même pour certaines sonorités qui, bien qu’elles ne soient pas toutes harmonieuses et propices à la quiétude, évoquent dans mon esprit le rythme des saisons, comme par exemple le bruit d’une machine à vendanger en septembre ou d’un pulvérisateur signe d’une vigne renaissante après la petite mort de l’hiver.
Par Charles Traonouëz
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