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Carnet de Bord(eaux) par Charles Traonouëz
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En ce début d’année 2012, au nom de toute l’équipe du Château de Malromé (Nathalie, Kelly, Frédéric, Rémi, Stéphane, Yannick et votre serviteur), j’ai le plaisir de vous adresser nos meilleurs vœux de bonheur, de santé et de réussite pour chacun de vos projets.
J’avais personnellement un peu délaissé ce blog en 2011, mon dernier message datant de septembre dernier.
Il faut dire que nous avons connu depuis un départ important puisque Christophe Veyssière, qui occupait le poste de Maître de Chai et supervisait plus généralement la partie technique depuis janvier 2006, a choisi de voguer vers de nouvelles aventures. Il est désormais œnologue-conseil pour un important laboratoire de l’Entre-deux-Mers.
De fait, je passe désormais encore plus de temps dans les chais ou à la vigne, ce qui est réjouissant en soit mais ne permet pas de vous faire partager régulièrement l’actualité de la propriété. Et ce d’autant, qu’en cette année 2011, nous avons choisi d’initier officiellement la conversation de la propriété vers l’agriculture biologique. Or, ce mode de culture réclame encore plus d’implication, même si nous pratiquions déjà une viticulture exigeante depuis plusieurs années avec un travail des sols, des fertilisations sous forme d’apports organiques, la suppression des traitements anti-botrytis et des rendements bas.
Par ailleurs, nous mettons progressivement en place la biodynamie dans le vignoble. Paradoxalement, si les pratiques biodynamiques (dynamisation de bouse de corne ou de silice de corne, fabrication du compost maison ou de tisanes…) se prêtent extrêmement bien à la rédaction d’un carnet de bord d’une exploitation viticole, puisqu’elles sont la source d’une actualité toujours dense et riche, je n’ai pas voulu en faire un argument marketing. Notre démarche est uniquement motivée par un double intérêt technique, démontré empiriquement dans les plus grands domaines bourguignons ou ligériens, et sanitaire (pour le personnel du château comme pour les consommateurs). Mais en évitant d’en parler, il va de soi que je me prive d’anecdotes qui permettraient d’alimenter plus régulièrement ce blog.
Simplement sur ce sujet, je voudrais vous dire que la biodynamie a été l’occasion de retrouvailles fort sympathiques. En effet, bien qu’ayant lu les ouvrages de référence, assisté aux conférences de Nicolas Joly ou à des formations professionnelles, il semblait évidant qu’il fallait se faire accompagner dans notre démarche par un consultant (la conversion à l’agriculture biologique faisant l’objet quant à elle d’un accompagnement de la Chambre d’Agriculture, en la personne du compétent et sympathique Joël Ortiz).
Si des propriétés bordelaises ont recours aux services des éminents Jacques Mell ou Pierre Masson, nous avons choisi de nous tourner vers un consultant moins renommé mais tout aussi engagé, en la personne de Jacques Fourès. Jacques a été directeur de Malromé de 1991 à 2005. S’il est venu tardivement à la biodynamie, j’ai toujours vu Jacques sensible à une prise en compte global du vignoble dans son environnement, et attentif à la question de la géobiologie notamment.
Depuis, il s’est formé à la biodynamie, il a converti sa propriété familiale et il est devenu à son tour formateur auprès de vignerons bordelais ou du Gers notamment. La biodynamie étant une méthode basée sur l’observation des signaux que nous envoient le sol, la vigne et d’une manière plus général notre environnement, il m’a semblé préférable de solliciter un « sachant » connaissant parfaitement chacune de nos parcelles plutôt qu’un grand nom faisant l’objet de nombreuses sollicitations.