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Mercredi 20 janvier 3 20 /01 /Jan 14:50

J’ai profité de récents congés pour me plonger dans la lecture du Dictionnaire Amoureux de la Gastronomie, publié fin 2008 sous la plume de Christian Millau. Pour les jeunes générations qui l’ignoreraient, ce dernier a formé avec le regretté Henri Gault un duo éponyme auteur d’un célèbre guide gastronomique lancé en 1969. L’ouvrage, qui est un retour aux sources puisque Christian Millau se consacrait depuis plusieurs années à la littérature, se dévore véritablement.

Il balaye nombre d’idées reçues, égratigne certaines icônes comme Brillat-Savarin, Alexandre Dumas ou Curnonsky, remet en place les chefs qui délaissent leurs fourneaux pour constituer à eux seuls de véritables multinationales (avec toutefois une certaine complaisance envers Alain Ducasse ou Joël Robuchon, lesquels sont habilement présentés comme des entrepreneurs en gastronomie et non des chefs), le tout avec franchise, humour et humilité.

 

Grâce à Christian Millau, j’ai pu faire connaissance avec des figures hautes en couleur, et notamment Grimod de la Reynière, auteur d’innombrables facéties culinaires, qui n’hésita pas à faire annoncer son décès pour recenser ses véritables amis. Imaginez ainsi un cortège funèbre pénétrant dans un hôtel particulier drapé de noir et découvrant un défunt en parfaite santé, trônant dans la salle à manger devant un monticule de victuailles.

 

Avec Christian Millau, la gastronomie ne saurait être un plaisir complet sans les charmes de l’amour et du vin. Or, les définitions évoquant le vin me comblent littéralement, malgré une déroutante introduction au chapitre « Bordeaux ».

On  y apprend ainsi que l’auteur délaisse désormais les vins de Bordeaux pour leur préférer des vins un peu anars, flibustiers, sans-grade, produits par des vignerons qui refusent le viol de la terre et se contentent de faire bon à des prix plus que méritoires. Christian Millau puise son inspiration dans l’ouvrage de Sébastien Lapaque (Petit Lapaque des Vins de Copains), ce que je ne peux que saluer pour avoir moi-même eu, pendant des mois, sur ma table de chevet l’ouvrage « Chez Marcel Lapierre », lequel est né de la même plume.

Mais, en clôture de ce funeste chapitre pour les vins de Bordeaux, Christian Millau nous livre une confidence qui est une étonnante consécration. Précisant qu’il s’agit de son exception pour confirmer la règle, Christian Millau confesse se délecter des vins de Malromé, qui sont pour lui, « en blanc et en rouge, un délice à moins de 10 euros ».

Le Château Malromé est d’ailleurs une seconde fois à l’honneur, puisqu’au chapitre foie gras (où l’on apprend que les meilleurs foies gras sont d’oies et Hongrois), parmi les associations proposées, l’auteur suggère un Château Malromé 100 % Sémillon, aux côtés des cuvées de Vouvray du Domaine Huet ou de Philippe Foreau.

Par Charles Traonouëz - Publié dans : Les vins de Malromé
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