Vendredi 22 mai 2009 5 22 /05 /2009 14:27
Dans journal le Monde de ce jour est paru un article sur la progression de l’Oïdium dans les vignobles septentrionaux. L’Oïdium est un champignon qui contrairement au Mildiou (qui s’attaque aux feuilles et aux grappes) ne cause pas de perte de récolte mais occasionne des déviations organoleptiques au vin (sécheresse en bouche, arômes herbacés…). Le Mildiou est la conséquence des pluies alors que l’Oïdium résulte quant à lui de la sécheresse. La montée vers le Nord de l’Oïdium serait donc l’un des effets du réchauffement climatique.

Il y a quelques jours, j’ai organisé une soirée-dégustation pour les vignerons adeptes du réseau social « Facebook ». Le Club des Vignerons Bordelais de Facebook compte 74 membres et quelques très grands noms de la viticulture y sont représentés, ainsi que les valeurs montantes. Nous n’étions que 62 dans ce club, il y a deux semaines et pour la manifestation que j’ai organisé une douzaine ont répondu présent, dont le californien et néo-bordelais Stephen Bolger à l’origine du projet « Crushpad ».

Lors de cette soirée, j’ai particulièrement apprécié le pragmatisme et le savoir de Fabrice Dubourdieu, fils de l’éminent Professeur. Pragmatisme car si son père est la référence mondiale pour les vins blancs, il n’en demeure pas moins que les Dubourdieu connaissent très bien leur terroir et sont conscients des limites économiques et techniques auxquels sont confrontés les vignerons « lambdas », ce qui est tout à leur honneur.

Quel est le lien avec l’oïdium me direz-vous ? Et bien, nous débattions de l’avenir bio ou conventionnel ? Bien que personnellement attaché au bio, j’ai écouté Fabrice rappeler que les maladies du vignoble ne sont apparues qu’au milieu du XIXème siècle, leur propagation résultant des échanges maritimes transatlantiques, et expliquer que l’avenir n’était pas dans le bio, lequel polluerait les sols en les chargeant de métaux lourds (le seul traitement possible étant à base de cuivre), mais dans les progrès de la science afin que la génétique arrive à identifier des plants de vignes résistant aux maladies. Il est vrai que dans ce domaine, la viticulture a toujours pratiqué la sélection, qu’elle soit massale ou clonale, et modulé le végétal par la création d’hybrides pour, selon l’époques, améliorer les rendements ou au contraire privilégier la qualité.

Cette opinion peut passer pour « politiquement incorrecte », mais je pense que si l’on est un véritable amoureux de la nature et que l’on souhaite être réduire la consommation de matières fossiles comme le pétrole, il faut accepter le débat et n’exclure aucune solution au contraire de certains ayatollahs ou « terroiristes » qui s’enferment dans leurs certitudes.
Par Charles Traonouëz - Publié dans : Réflexions sur la viticulture
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