Mercredi 28 juin 2006

Une des raisons de la crise que traverse le bordelais est la perte de part de rêve que véhiculent les vins de Gironde. Dimanche soir, dîner à la Maison de l’Aubrac en plein 8ème arrondissement de Paris. Une carte magnifique. Probablement les plus belles références de France, depuis le Domaine de la Romanée Conti aux vins d’Anjou de Mark Angéli en passant par la Coulée de Serrant de Nicolas Joly, sans oublier les Morgons sans souffre de Foillard. Une carte des vins qui est un recueil de plusieurs dizaines de pages. Et pourtant, pas une ligne qui fasse référence au Bordeaux. Je l’ai compulsé une fois, puis refeuilleté pour être sûr de ne pas avoir fait d’impasse. Néant. Et cet exemple n’est pas isolé, car dans un établissement réputé de la rue Bobillot (Paris 13ème) voisin de mon ancien domicile, le régime était le même.

Les consommateurs  sont à la recherche d’exotisme comme en témoigne l’engouement pour les vins fruités du nouveau monde. Mais l’exotisme n’est pas seulement présent au Chili ou depuis peu en Chine, l’exotisme peut aussi se rencontrer en dégustant un verre de vin rare du Loiret ou un Fief vendéen. Bordeaux doit reconquérir les palets des consommateurs et pour ce faire, nous devons les faire à nouveau rêver et les dépayser.

Or, les vins des coteaux de Saint-Macaire sont issus d’un terroir magnifique que nous nous efforçons de sublimer. Athanase Fakorellis désigne régulièrement l’une de nos parcelles comme étant «  la Toscane de Bordeaux ». A nous de nous inspirer justement du miracle viticole italienne et de faire aussi bien que ces « Super Toscans » qui ont su si bien vaincre les préjugés.

 

Charles Traonouëz

Par Charles Traonouëz - Publié dans : Réflexions sur la viticulture
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Commentaires

Belle prise de conscience, mais pourquoi a-t-il fallu être devant le mur ? Il y a 20 ans (à une époque où Evin était inconnu), quand je demandais ce qui était fait en direction des jeunes pour leur faire comprendre qu'un bon vin est toujours préférable à une bière ou une Téquila, j'avais l'impression que les vignerons, et plus encore leurs instances, ne comprenaient même pas ma question. Incongrue puisque les ventes étaient au beau fixe. Ce sont ces jeunes non éduqués qui sont les clients des restaurants aujourd'hui.


Dans le même ordre d'idée, les blogs sont aujourd'hui un véritable phénomène de société, pas forcément éphémère. Combien de viticulteurs ont un blog ? 50 en comptant large, toutes appellations confondue. Bravo d'en faire partie et bonne continuation.

Commentaire n° 1 posté par Patrick le 14/07/2006 à 01h59

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