Samedi 25 avril 2009

Malromé est en mesure de se passer désormais totalement de désherbant, puisque nous sommes équipées de tondeuses intercep de marque AVIF que nous avons améliorées en les équipant de vérins et de détecteurs de mouvements du sol, afin d’adapter la tonte aux pentes et contre-pentes de nos coteaux. En renfort, nous utilisons une désherbeuse thermique qui grille l’herbe par une brusque élévation de la température ; système utilisé dans certains vignobles en biodynamie. Quant aux jeunes plantes et aux Sémillons de plus de 70 ans, ils seront décavaillonnés à l’anciennne lundi par l’entreprise Banton Lauret.

 

Par ailleurs, la question écologique étant un des enjeux majeurs de la viticulture du XXIème siècle, nous avons choisi d’entretenir sur 2009 l’une de nos meilleures parcelles en n’employant que des techniques et produits agréés pour l’agriculture biologique ; l’objectif étant de disposer d’un laboratoire végétal nous permettant de nous aguerrir et d’envisager à terme une conversion de l’ensemble du vignoble vers le bio.

 

Sur le plan des fertilisants, nous n’utilisons depuis deux ans que des engrais d’origine végétale ou animale (fumier, marc de raisin, sarments broyés) et nos sols sont depuis de nombreuses années travaillés un rang sur deux ; l’autre rang étant maintenu en enherbement permanent.

 

J’attends beaucoup de ces évolutions qui devraient nous permettre de limiter notre impact environnemental, d’offrir au consommateur des vins exempts de toute trace de pesticide-herbicide-fongicide et peut-être d’améliorer la complexité de nos vins en régénérant une vie microbienne de nos sols. D’ores et déjà, certains efforts des années passées semblent porter leurs fruits puisque nos parcelles respirent véritablement la vie, ce qui se constate au travers du grand nombre de vers de terre dans les sols et d’une importante richesse au niveau des essences de fleurs dans nos rangs. Certaines taupes auraient même élu domicile dans de jeunes plantations, signe que nos sols sont loin d’être compacts.

 

Il est en revanche une faune dont nous nous passerions bien, c’est celle des chevreuils qui pullulent dans les bois du château et qui occasionnent d’importants dégâts au vignoble en dévorant les bourgeons, avant de s’attaquer dans quelques mois directement aux grappes de raisin. Que faire ? La solution serait de dresser une clôture électrifiée pour tenir les chevreuils à distance, mais comment clore près d’une quarantaine d’hectares avec au surplus des parcelles parfois distantes de plusieurs kilomètres ?

Par Charles Traonouëz - Publié dans : A la vigne
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