Lundi 6 avril 2009

Petit retour sur la semaine dernière. Il y a quelques jours se déroulait la semaine des primeurs sur Bordeaux. La majeure partie des Châteaux commercialisant leurs vins en bouteilles était en effervescence. Au final ces Primeurs n'ont pas été la catastrophe annoncée en dépit d'une conjoncture défavorable et d'une mauvaise coordination avec le salon allemand Prowein, d'après les statistiques de fréquentation annoncées par l'Union des Grands Crus qui font resssortir une baisse de seulement 9 %.
J’ai personnellement survolé ces dégustations, attendu que les primeurs ne concernent finalement que certains crus « spéculatifs », les vins de grande garde, et non les vins produits dans les petites appellations de Bordeaux, sauf pour de très rares exceptions. D’ailleurs, je n’ai goûté à Saint-Emilion ou Bordeaux que les Bordeaux et Bordeaux Supérieurs afin d’étalonner nos vins et de saisir des axes d’amélioration. Je me suis également penché sur les Bordeaux Blancs, pour les mêmes raisons, avec une mention toute particulière pour l’extraordinaire Bordeaux Blanc produit par Murielle Andraud, le Valandraud n°1, tout en fraîcheur malgré l’intense concentration qui est la patte des vins signés par Jean-Luc Thunevin.

 

Blancs toujours. Mon « coup de gueule » contre l’exclusion des Bordeaux élevés en fûts de chêne du Concours « Top Vins » a fini par payer. En effet, le Syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieurs vient de créer une catégorie spécifique pour ces vins, considérant qu’ils ont finalement pleinement leur place dans la palette des vins blancs de Bordeaux. Merci au Syndicat pour sa réactivité et sa capacité d’écoute.

 

Pour conclure cette semaine et quitter la viticulture, Alexia et moi avons été conviés au Musée des Beaux-Arts à une découverte privée de l’exposition « Sur les quais, ports, docks et dockers » à l’invitation du Cabinet Deloitte qui fût mon ancien employeur et avec lequel je compte encore de nombreux liens. De cette magnifique exposition j’ai retenu combien furent importantes les évolutions technologiques dans les progrès picturaux. En particulier, ce n’est qu’avec l’invention du tube de peinture que les peintres ont bénéficié de mobilité et de réactivité pour saisir pleinement la lumière extérieure.

 

Cette exposition est l’occasion de rappeler que Bordeaux est un port. En particulier, les nostalgiques apprécieront les toiles où les voiles sur la Garonne se comptent par centaine, ou encore le joli port de pêche de Lormont au charme Tropézien aujourd’hui remplacé par de hauts immeubles. On peut regretter que n’accostent plus à Bordeaux que quelques dizaines de bateaux de croisières, mais on découvre également à contrario que les quais de Bordeaux n’ont jamais été aussi beaux qu’aujourd’hui. En effet, les quais actuels sont issus d’aménagement relativement récents, les bords de Garonne ayant été jusqu’au XIXème siècle un étonnant contraste entre les façades de style Grabriel et des pentes douces boueuses et limoneuses menant au fleuve. L’embellie de ces quais devrait encore se poursuivre avec l’ouverture prochaine au public des aménagements réalisés en face du quartier Saint-Michel.

Par Charles Traonouëz
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