La question du suivi œnologique est toujours une question délicate. En effet, la dégustation comme l’assemblage ne sont pas des sciences exactes
et dépendent fortement du contexte, des conditions matérielles, de l’humeur et de l’état de santé du dégustateur. Par ailleurs, s’en remettre à une unique personne pour procéder aux assemblages
c’est n’avoir qu’une vision technique ; vision qui est peut-être éloignée des attentes du consommateur et donc du marché.
C’est pourquoi après avoir effectué les pré-assemblages et les assemblages avec Athanase Fakorellis, notre œnologue conseil, Christophe Veyssière (notre directeur technique) et moi-même souhaitions
faire découvrir à un panel de dégustateurs les échantillons du Château Malromé rouge 2006, lequel sera mis prochainement en bouteille et a été récemment distingué par une médaille d’or au Concours
des Vins d’Aquitaine. En effet, l’avis de tiers est indispensable car les personnes qui interviennent sur une propriété manquent parfois de recul et d’objectivité par rapport à leur propre
travail.
Nous avons voulu ce panel large et représentatif des différents intervenants de la filière viti-vinicole. Ainsi, nous comptions dans notre jury :
- Philippe Barbier négociant bordelais et ancien président de l’interprofession des vins de Bergerac ;
- Les œnologues Marie-Amélie Castel et Laurent Chancholle, du laboratoire La Littorale de Langon ;
- Jacques Fourès, ancien directeur technique du Château Malromé.
Nous avions également convié à la dégustation Paul-Marie Morillon, notre conseiller au vignoble et vigneron exigeant, et des clients tels que Remi Molis, de la maison de négoce Passion des
Terroirs, ou Marc Le Ruyet de la Scodex, mais des rendez-vous de dernière minute les ont empêchés de se joindre à nous.
Au final, malgré des différences de parcours et de génération, les avis de chacun des membres de notre collège de dégustation se sont révélés d’une étonnante homogénéité. Chacun a pu apprécier le
style qualifié de très moderne fait de rondeur malgré la puissance, et tous ont commenté les différents lots avec la plus grande franchise, ce qui était le but de cette journée. Pour remercier nos
invités du temps consacré à la notation des cuvées 2006, nous leur avons proposé une seconde dégustation mais cette fois-ci de nature gastronomique, chez notre voisin langonnais, le restaurateur
Claude Darroze.