Mercredi 18 juin
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En cette mi-juin, toute personne qui n’aurait pas de calendrier sous les yeux pourrait légitimement se croire en pleine Toussaint. Si la météo est
déprimante pour l’ensemble de la population en quête de vitamine A, elle affecte tout particulièrement ceux dont le chiffre d’affaires est fortement corrélé par les variations du mercure, qu’ils
soient vendeurs de prêt à porter, restaurateurs sur la côte ou viticulteurs.
Sur Bordeaux, pas une conversation relative à la météorologie n’élude la fameuse malédiction des années en 13 lunes. 2008 serait ainsi une année climatiquement maudite.
Or, un mois lunaire correspond à 29,53 jours, une année de 365 jours correspond à 12,36 mois lunaires et, par conséquent, une année de 366 jours correspond à 12,39 mois lunaires. Si la première
pleine lune de l'année survient entre le 1er et le 10 janvier, l'année aura donc treize lunes, c'est arithmétique. Attendu qu’un mois compte en moyenne trente jours, cela arrive une fois sur trois.
Au surplus, tout est question de point de vue car les treize lunes constatées ne sont fonction que du calendrier grégorien, ce qui met à l'abri des cataclysmes les terriens ayant utilisé ou
utilisant un tout autre calendrier.
Concrètement, quel serait l’effet sur les millésimes ? Les phases de lune reviennent aux mêmes dates tous les 19 ans, aussi le temps devrait être identique sur chaque cycle de 19 ans. Pourtant les
relevés météo n'indiquent aucune récurrence. D’ailleurs, quel rapport existe-t-il en l’excellent millésime 1976 (canicule), le classique millésime 2004 et le peu favorable millésime 2007 (pluvieux
avec un très bel été indien) ?
Le vendredi 13, jour de déveine en référence au vendredi saint et à Judas le 13ème apôtre, étant devenu par la sainte onction du marketing des loteries un jour de chance, j’attends avec impatience
que la Française des Jeux décrète « millésime exceptionnel » les années en treize lunes.
Par Charles Traonouëz
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Publié dans : Réflexions sur la viticulture
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