Carnet de Bord(eaux) par Charles Traonouëz
| Juillet 2009 | ||||||||||
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Avec le récent débat sur les résidus de pesticides dans le vin, de nombreux commentateurs avisés déplorent la disparition des terroirs, lesquels seraient mis à mal par la viticulture moderne intensive et plus particulièrement par deux fléaux que sont les traitements fongicides ou insecticides et le désherbage.
Je dirais qu’il est facile de tirer sur l’ambulance pour faire du sensationnalisme ou assurer son autopromotion. Or, ces méthodes de travail prétendues modernes sont le fruit des trente glorieuses et c’est à cette période qu’il aurait fallu tirer la sonnette d’alarme, au lieu de crier au feu alors que la maison est à moitié carbonisée.
Mais surtout, contrairement à ce que laisse penser la communication de certains producteurs qui laissent entendre qu’ils ont le monopole de la viticulture propre ou raisonnée, jetant ainsi le doute sur l’ensemble d’une profession, j’observe que l’ensemble de la filière viti-vinicole s’est retroussée les manches et a remis en cause ses méthodes de production. Je pense ainsi qu’en ce début de millénaire, les sols sont incomparablement plus choyés qu’ils ne l’étaient au cours des trente dernières années. De nombreuses propriétés, qu’elles soient en agriculture raisonnée ou conventionnelle, ont remis en vigueur le travail du sol. Dans l’entre-deux-mers, où du fait des vignes larges le travail du sol sous le rang est moins répandu, on a vu la généralisation de l’enherbement avec décompactage des sols, là où était parfois pratiqué le désherbage intégral.
Preuve de cet engouement, j’étais convié la semaine dernière à une démonstration d’une tondeuse équipée de deux satellites tournant autour des pieds de vigne et munis de rotofils pour assurer un travail de finition autour des ceps. En dépit d’un calendrier chargé du fait des travaux de traitement, d’épamprage et de levage, pas moins de 45 personnes se sont déplacées pour assister à cette exhibition et il semblerait que déjà 5 commandes aient été passées dans la semaine. La présence de ces viticulteurs, venus de toutes appellations depuis l’AOC Bordeaux jusqu’au Sauternes, est un témoignage d’une profession qui évolue et anticipe les attentes des consommateurs. Et cela est logique, car on ne devient pas viticulteur ou paysan pour polluer la terre, mais par amour de celle-ci, sinon nous ferions tous d’autres métiers au combien plus rémunérateurs ou moins contraignants.