Je suis scandalisé par le titre racoleur employé par la Revue du Vin de France dans son numéro de juin « Enfin des Bordeaux abordables ! ».
En effet, millésime 2007 ou pas, pour moi, il n’y a pas meilleur marché que les vins du bordelais ou les vins du Rhône. Pour moins de 15 euros, on trouve parfois dans certaines Foires aux Vins des
crus classés en appellation Haut-médoc ou Pessac-Léognan.
A cette même tranche de prix, figure également la plupart des seconds vins de grandes propriétés bordelaises. Enfin et surtout, si l’on sort des 100 marques les plus prestigieuses de bordeaux, si
l’on s’aventure dans les appellations moins en vogue sur les terroirs situés entre Garonne et Dordogne, on trouve de merveilleuses et savoureuses cuvées à moins de 6 euros ; prix inenvisageable
pour une cuvée de qualité en Bourgogne ou en Provence par exemple (et peut-être demain dans le Roussillon).
Prix toujours. Je m’insurge contre le fait qu’il faudrait que les domaines bordelais baissent leurs prix, au motif que le millésime 2007 est un millésime controversé.
Je ne me permettrai pas d’avancer comme argument que ce millésime a coûté bien plus cher à produire qu’un millésime 2005 par exemple, car il est vrai que le prix de revient n’est qu’un élément
secondaire pour les domaines en question (le coût de production d’une bouteille de cru classé dépassant rarement les 10 € contre un prix public de vente allant parfois jusqu’à plusieurs centaines
d’euros).
Mais, ce qui me semble incompréhensible c’est que les tenants de la baisse étaient jusqu’alors de ceux qui s’indignaient de l’instabilité des prix du Bordeaux et de l’absence de constance des
propriétaires. Tenez bon !